3 décembre 2017 Étiquettes : ,

Netto des bourgeois et des nouveaux riches

Prise d’une forte crise allergique entraînant des éternuements répétés et puissants, et, lasse de me rendre aux cabinets pour me moucher avec du pq d’entreprise, je me suis rendue ce midi au supermarché Netto situé sur Kurfüstendam au numéro 38. Cela tombait bien car j’avais donc prétexte à ma petite balade digestive de salariée. Le parcours dure environ 7 minutes. Je choisis toujours le trottoir de droite (si l’on a l’Institut Français de Berlin à sa gauche). Il y a toujours un roumain pour jouer à la clarinette ou à l’accordéon des airs qui foutent en dépression instantanément : Edith Piaf, le boléro de Ravel…
J’arrive devant le Netto et ses portes vitrées automatiques, je m’engage dans les escaliers mécaniques. Ils me portent, parfois par à coups, au sous-sol. J’aime ce Netto. C’est mon préféré parmi tous ceux fréquentés. Je l’aime car il est petit, son parcours est simple et peut être déjoué. Je ne me sens donc pas contrainte ni violentée par l’idée que je devrais ne suivre qu’un seul parcours, celui décidé par des gens marketeux. Je l’aime parce si je ne trouve rien, je peux en sortir presque immédiatement grâce aux caisses situées à côté de l’entrée.
Il m’a fallu moins d’une minute pour trouver le rayon des mouchoirs et je n’ai eu qu’à passer à gauche des étals de fruits et légumes. Mais j’ai rencontré mamie burger qui cette fois me reconnaissait. C’était notre troisième rencontre dans un rayon différent. Elle m’a conseillé l’achat d’une marque précise de protège-slips, “Sophie”. Je l’ai remerciée poliment, c’était bien là tout ce que je pouvais faire car je n’aurais pas été capable de lui dire en allemand que je ne porte pas de protège-slips parce que je préfère salir les fonds de mes slips et éviter toutes sortes de mycoses vaginales développées au contact de ces bandes chimiques empêchant la circulation harmonieuse de mes vapeurs et particules.
J’ai filé salement pendant qu’elle se penchait dans son caddie, seule une caisse était ouverte, une femme avec un tatouage tribal sur la nuque emballait ses courses. Deux “hallo” échangés, ma monnaie reprise, direction les escaliers mécaniques, “All right let’s go” (Peter Jacques Band) dans les oreilles et un petit faon dans la tête, j’étais dehors, à rebattre le pavé de l’ersatz des Champs-Elysées.

9/10, moins 1 pour les ongles de la caissière qui portait des strass incrustés dans ses prothèses ongulaires.


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technicien – le turc du boulevard, 19:40 tapées

C’est exactement pour ça que je l’aime bien, c’est la seule épicerie à prix de crevard méditerranéen qui reste ouverte jusqu’à, heu, personne n’a vraiment jamais su. Je sors du métro pour rentrer, il est sur mon trajet.

Les deux allées du magasin débordent de palettes pleines de merdes qu’il vend sur le trottoir. Je me faufile jusqu’aux plaques de trente oeufs, j’ai le choix entre les beiges et les blancs, et je prends les blancs. Un tour de hanches en trois temps plus tard, je suis en face des bacs d’olives, et prends deux cents grammes de noires, et trois cents grammes d’olives au piment, lesquelles doivent vraiment être fortes parce qu’à peine rangées, mon réfrigérateur avait l’air d’honorer la dépouille d’un chacal.

A la caisse, j’en ai pour quatre euros soixante-quinze. Voilà enfin un prétexte pour me débarrasser de mes pièces de deux centimes et de ma pièce de un, qui traînent dans les poches de mon falzar depuis au moins jeudi.

Ce sont là des courses parfaites: elles ont dû me prendre cinq minutes, j’étais seul dans le magasin, et le fait d’être le dernier client facilite le babillage avec le patron, et les acrobaties entre deux tonnes de foul et de harrira. Voilà qui mérite un bon 9/10.


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Ln- Coucourses au Leclerc Drive

Confession intime : je ne vais pas vous le cacher, je cède lamentablement à la facilité en commandant mes courses sur internet au moins 3 semaines sur 4.

Lors de l’ouverture annoncée, avec les copines on s’est tout de suite dit : ” ah oui trop bien.” Et parce que je ne voulais pas perdre la face, j’ai pris mon courage à deux mains et je suis allée sur l’internette pour trouver le site qui allait m’ouvrir les portes de l’enfer.

J’ai vaguement tapé “leclaire drive” et j’ai, contre toute attente, trouvé dans le premier lien la réponse à toutes mes questions existentielles, à savoir : “où suis-je ? Pourquoi c’est un koala ton image ? “

Alors, concrètement, faut pas trop se foutre de la gueule des gens, ça pique les yeux et c’est branlé comme une foufoune de prostituée nigérienne dans une rue perpendiculaire à Pigalle.

T’es obligé de cliquer d’abord dans une catégorie dans le bandeau en haut, puis dans une sous catégorie en dessous, puis sur le produit que tu veux. 3 clics par produit. Multipliés par 50/60 produits = 150/180 euros le caddie virtuel. AH BRAVO. VRAIMENT.

J’ai failli commencer par faire un hatemail au concepteur du site, et puis je me suis fait la reflexion qu’au final, je suis dans mon canapé, je peux continuer de jouer à candy crush en cliquant sur une autre fenêtre tout en gueulant sur les gosses, y a tout de même un réel progrès. Je parlerais même de confort de vie. Au même titre que la recherche sur les cellules embryonnaires. Oui monsieur. Oui madame.

Bon. Le plein est fait, il n’y a plus qu’à choisir le jour et l’heure préférés pour aller chercher les courses, sachant que les sacs sont payants, sauf si tu les ramènes la fois d’après, ce que je ne fais jamais parce que je suis une horrible bourgeoise qui se sert de ses sacs pour ramasser les crottes du fils de pute de chat.

Je choisis le jour même en général en fin d’aprem, parce que je compte en nombre d’heures à rien foutre qu’il me reste dans la journée, et si le compte n’est pas assez élevé, ça ne va pas.

J’emmène les gosses, ça leur fait une sortie. Arrivés sur place, un hangar froid et silent hillesque. Des gens qui viennent vers toi avec un caddie et un scanner, pour scanner ta petite carte Leclerc qui te donne des thunes en plus si et seulement si tu n’oublies pas ton code secret. :/(j’ai 3289 euros dessus c’est super d’être riche)

T’as beau dire aux chiards que c’est pas la peine de sortir de la voiture parce que ça doit durer 4 minutes, ils sortent, au mépris de la plus élémentaire obéissance. Ils courent partout en poussant des petits cris d’êtres mal élevés, on se demande de qui ils tiennent ça.

Après avoir couru derrière eux 10 minutes, poussé une gueulante, les avoir jeté dans la bagnole d’un air rageur, fermé le coffre rempli du graal de confort et d’oisiveté virtuelo-réalistique, on peut enfin se barrer et rentrer chez soi zoner sur irc.

OUF

Je place un bon 9/10 pour ces grands moments qui me font gagner tellement de temps pour m’occuper de ma famille.


31 août 2013 Étiquettes : , ,

hummel – NAHKAUF

Jourdhui NAHKAUF — proximachat en FR — un minimarkt que j’ai découvert de l’autre côté du kanal. Même chaîne que le REWE suprabourge accessible sans pont, mais moins reuch semble-t-il. Le chemin vers le NAHKAUF est plus agréable ; on longe le kanal sur 200m, puis petit pont piéton, sorte de passerelle arquée qui ressemblerait presque, par temps clair, au nippon des nymphéas de Monet.

Le NAHKAUF est là. C’est une supérette de quartier, mieux fréquentée qu’un NETTO, plutôt tenue. Les produits REWE, chers et chichiteux, façon saveurs du monde étiquettes blanches liserés dorés, sont à hauteur d’yeux. Les produits JA (“OUI”), marque discoune de référence, à hauteur de lombo-sciatique.

En entrant, le rayon légumes est mon ami, je le connais bien, j’y passe 60% de mon temps de courses. J’enfile les couleurs dans l’ordre décidé par la direction, les étals s’offrent rouge en preums (poivrailles diverses, tomates) vert en deuz (courges), orange (carottes), puis mes mouvements s’emballent et je fourre dans mon sac les ognidés dont je raffole (les schalotten, zwieb, ail). En période faste, arrêt aux avocats ; le stand allemand des avocats est tjrs bien garni, même hors saison (aucune idée de la saison, mais certitude que cette permanence est douteuse).

J’enchaîne généralement sur une collection de boîtes de thon, toujours les moins chères, car il est apparu que tous les thons s’y valent — PLUS je parie sur du cheval, au moins à l’état de traces, chez tous les fabricants de thons. Les œufs, où sous influence je choisis la boîte où les poules semblent heureuses et libres, mais aucune étiquette n’exhibe fièrement des bestioles en batterie.

Achats plus rares, ou répondant à une autre régularité, et auxquels deswegen il faut penser : toilettenpapier, kaffee ; cette fois c’est noté, je ne referai pas le trajet une deuxième fois le froc empouillé. Mes achats se limitent à ça, quand le stock d’épices n’est pas à renouveler.

À la caisse, j’ai toujours l’impression d’arriver au moment de grâce ou qqun gueule dans le micro “ZWEITE KASSE BITTE”, et je passe devant tous les gens qui schlanguissaient depuis vingt minutes ; bizarrement, les Allemands sont pas contre, alors qu’en France on se fait parfois regarder louchement. Je passe, calcule toujours attentivement le ou la caissier/ière, mate discretos le nom de famille sur l’étiquette (celle-ci a nom polonais, celle-là est une vraie schmidt, lui est turc, voilà un slave) mais ne parvient pas à me les marquer, j’oublie toujours.

Je m’en sors pour ca. 12€, mais ce ne sont que deux jours de vapeurs au thon — les temps sont rudes. Je quitte en saluant le type qui vend sa feuille à l’entrée, et que je crois être Roumain.

NOTE : 9/10, je ne plains de rien, je vais mon petit bout de bonhomme de chemin, le thon est un ami fidèle, les légumes se comptent sur les doigts d’une main comme recommandé par le ministère, j’ai mon quota d’épices pour ménager ces petits chômages postprandiaux qui mènent à la sieste ; je garde les tickets en espérant qu’on découvre du cheval remboursable dans mes achats des deux derniers mois.


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